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Le porno sur le Web : un problème ?

Faut-il bouter le porno hors du Web ?

mardi 22 mai 2007, par Jean-Baptiste Balleyguier

Le Web : du Porno partout

Depuis les tous débuts du Web, les sites pornographiques font florès sur le Web, ce n’est pas une nouveauté. Régulièrement, la question de l’encadrement de l’industrie pornographique sur internet, revient sur le devant de la scène, sans qu’il lui soit donné de réponse suffisante.

Une étude récente a montré le poid énorme de l’industrie économique sur internet. Une étude qui montre combien il est urgent de réagir pour éviter qu’internet devienne une maison close à ciel ouvert.

En effet, la présence de sites pornographiques ou érotiques sur internet pose de réelles questions sur la protection des mineurs et les moeurs sociales en général. La raison en est simple : jusqu’alors, la pornographie était réservée au monde "adulte", c’est-à-dire majeur. On considérait qu’une personne ayant atteint sa majorité était responsable de ses actes, et qu’elle avait le loisir de "s’occuper" avec des revues ou films à caractère pornographique. Le respect de cette règle était assurée par le commerçant, qui vérifiait l’âge du client avant de lui vendre le produit.

Sur internet, la donne change : il n’y pas de vérification, par quiconque. Il est seulement possible de demander à l’internaute, s’il a l’âge requis, ce qui est très largement insuffisant.

Pire, les contenus pornographiques se mêlent aux contenus "inoffensifs", comme sur les sites de partages de vidéos (Youtube, Dailymotion, Google Videos), où l’on accède très facilement à des vidéos, non seulement érotiques, mais également à caractère réellement pornographique, en deux clics.

Ajoutons à cela, les systèmes de partage de pair à pair, où les contenus circulent saus qu’aucun contrôle ne soit possible (si ce n’est en bloquant les ports utilisés par ces logiciels), mais aussi les autres protocoles comme FTP : voici le paysage croqué.

Restreindre l’accès aux sites pornographique

La question est très sensible, car elle est multi-dimensionnelle : elle prend en compte des aspects sociaux, éthiques et moraux, économiques, techniques etc...

Une telle restriction peut mettre en jeu la liberté individuelle, elle peut remettre en cause une véritable "industrie", et donc une source importante de revenus pour les personnes privées comme pour l’État.

Mais il convient de hiérarchiser ici les intérêts : l’État a très (trop) récemment pris en compte, l’intérêt des parents, lorsque les enfants naviguent sans protection sur internet, en obligeant les fournisseurs d’accès internet, à proposer un filtre parental gratuitement à leurs clients.

Initiative louable, mais quelque peu candide de la part du Gouvernement, qui pense que toute personne saura sans problème, paramètrer des logiciels parfois complexes. D’autant plus candide que ce sont souvent les enfants mêmes, plus technophiles que leurs parents, qui vont paramètrer le logiciel, et savoir sans trop de difficulté le désactiver.

Dès lors, si la protection par filtre est une solution, elle n’est pas suffisante.

Comment donc restreindre les sites pornographiques aux seuls mineurs ou personnes qui désirent ne pas être importunées par le contenu pornographique du Web ? Peut-on envisager d’adapter la solution de vérification de l’âge, sur internet ? Par exemple, en mettant en place une politique de vérification par formulaire avant l’accès au site Web : l’internaute devrait indiquer un numéro de carte d’identité, qui permettrait, grâce à la date de naissance, de calculer aisément l’âge de l’internaute, et son accès au site Web.

Mais si cette solution est alléchante, elle est également dangereuse : que ce soit l’État ou le site en lui même, qui s’occupe de la vérification, la transaction permet de garder des traces sur le parcours d’un internaute. Pour l’État, cela permettra d’établir un profil de citoyen, qui pourrait le suivre ensuite dans sa carrière. Pour les sites, cela leur permettrait de stocker des données sur un internautes, et lorsque celui-ci sera majeur de lui proposer des "offres personnalisées"... une perspective qui laisse songeur.

Lawrence Lessig a récemment proposé sur son site, une solution intéressante : une balise html, qui indiquerait au navigateur si le contenu a ou non un caractère sensible (voir : Lawrence Lessig - Google Videos) L’idée est véritablement intéressante car elle permettrait de manière très simple aux parents, de couper l’accès aux contenus qui sont encadrés par une telle balise.

Mais cette solution pose un problème : il faut convaincre les principaux intéressés d’inclure cette balise. Tout d’abord les navigateurs (pour qu’ils prennent en compte la balise, mais également les éditeurs qui proposent du contenu pornographique sur internet. Il faudrait enfin, pour qu’une telle solution ait un effet total, qu’une loi oblige les éditeurs pornographiques à utiliser cette balise.

La solution du domaine .xxx est également séduisante, mais également potentiellement dangereuse, car, si la restriction d’accès était rendu plus aisé pour les filtres parentals traditionnels, la recherche de sites Web pornographique serait également grandement facilitée. La solution n’a donc qu’un intérêt limité.

Éducation, vigilance, technique : le cocktail pour une navigation sûre

Les principaux concernés par le filtrage du contenu d’internet sont les parents, qui désirent que leurs enfants ne soient pas victilmes d’un contenu pornographique, qui vait violence à leur conscience de jeune personne. Les parents doivent donc s’assurer que leurs enfants sont conscients de la présence de contenu nuisible sur internet, et leur apprennent à réagir face à un tel contenu.

Apprendre également aux enfants à faire des recherches ciblées, à savoir où ils mettent les pieds, en passant beaucoup de temps à leurs côtés sur le Web. Le plus simple étant de se faire un "catalogie" de sites intéressants, et au contenu sûr, et de qualité.

Enfin : éviter de leur laisser une connexion internet dans leur chambre, restreindre les horaires d’accès à internet, surveiller les connexions en fin de journée.

Il ne s’agit pas là d’une surveillance outrageante, allant à l’encontre de la liberté de ces enfants. Mais plutôt une protection nécessaire face à des contenus qui peuvent réellement leur faire violence. L’impact d’une image à caractère érotique ou pornographique sur l’inconscient d’un enfant peut difficilement être évalué. Cela aura sans aucun doute des conséquences sur ses relations avec les personnes de l’autre sexe, voire du même sexe que lui.

De nombreuses études montrent également qu’il y a un lien déterminant entre, la "consommation" de pornographie et la violence d’une personne. Elle pré-détermine également une personne aux violences sexuelles (comme le viol ou la pédophilie).

Devant de tels risques, ce n’est pas faire de la morale à la petite semaine, que de tenter de protéger les plus fragiles contre des contenus pouvant leur porter préjudice. Encore faudrait-il que des décisions claires, adaptées à internet, soient adoptées, en ne laissant pas les parents seuls pour la protection de leurs enfants.

P.-S.

Article un peu polémique, j’espère qu’il appellera quelques réponses, pas trop violentes non plus ;)

1 Message

  • Le porno sur le Web : un problème ? Le 17 février à 11:29 , par Seb

    Je partage à peu près la même vision que vous. Nous sommes maintenant en 2010 et les choses on encore empirées. Depuis deux ou trois ans, le porno est devenu gratuit sur une multitude de sites américains et la France commence à être contaminée par ce phénomène. Les porn tube et compagnie proposent à présent des milliers de vidéos porno totalement gratuite sans aucun filtrage ( pas de labelisation ICRA, pas de page d’avertissement ) et sont sur référencés dans les moteurs de recherche type Google. En gros, maintenant, les logiciels de filtrage sont insuffisants et un réel encadrement de l’accès est nécessaire. sexe porno

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